Forever Young : Les vies de Neil, ce vieux cow-boy.

Publié le par Eclisse

"J’ai arrêté de fumer, et du coup j’ai arrêté de boire, parce que je n’avais jamais fait les deux en même temps et que je me suis dit que ça serait sympa de me retrouver au naturel.” C’est ainsi que Neil Young, 65 ans, débute son autobiographie en 2010.

“Mais ce n’est pas de l’actualité ?” Me direz-vous. Oui! Et alors? Faut-il rejeter tous les éléments culturels datant de plus de 2 jours sur vos réseaux sociaux? Grave erreur! Car vous manqueriez de savoir comment Neil Young a réussi à empoisonner une tribu d’enfants et leurs parents avec des brindilles vénéneuses ” qu’il avait utilisées pour rôtir des marshmallows. Véridique! Ou encore comment le canadien a volé leur directeur de tournée à Pearl Jam, pendant un enregistrement à Seattle avec le groupe.

Forever Young : Les vies de Neil, ce vieux cow-boy.

Plus sérieusement, un des avantages de ce recul, c’est la possibilité de vérifier si l’homme a pu mettre en place tous les projets qu’il décrit dans son livre. Car il en a des projets, The Horse! Des tonnes! 

On aurait pu penser, qu’avec tous les coups que la vie lui a réservé (problèmes de santé à répétition, le handicap de ses deux fils Ben et Zeke, la disparition d’un bon nombre d’amis proches : Larry Johnson son acolyte, Ben Keith son guitariste, David Briggs, le producteur), l’homme serait devenu aigri, fatigué et cynique. Bien  au contraire, il avance! Certes de façon bancale, mais il a su se créer “des béquilles” solides pour soutenir sa démarche. Grâce à son entourage, à sa femme Peggy, à la musique, à ses rencontres, il s’obstine à se lancer de nouveaux défis tout en essayant d’être ce qu’on peut appeler une “bonne personne”.
 
Dans son livre, Neil Young nous parle de sa préoccupation face au devenir du son,  Nous sommes tous abusés par le MP3 et l’accessibilité trop facile de la musique n’importe où et n’importe quand. Nous ne connaissons plus le son pur. Tel un combattant, il convainc les principales majors et développe alors le baladeur Pono, bel et bien en vente en 2014 pour la modique somme de 1000€. Et ce n’est pas le prix du design!!! Jugez par vous-même.

Et de un pour les projets concrétisés!  Par ailleurs, le canadien décrivait de gros doutes face à sa future création musicale. Sans fumette, Mr Young devait retrouver de nouveaux repères...La muse s’en est allée faire un tour et qu’on se rassure, 2 ans plus tard, il devait être tellement euphorique de l’avoir retrouvée qu’il nous a pondu des titres-records de 20mn sur l’album “Psychedelic Pills” (titre choisi par un Young au naturel quand même!!!?)....Quel farceur! S’en suivra une tournée en 2013 avec son groupe Crazy Horse. Et de deux!

Un troisième projet est longuement développé dans cette bio et pas un des moins couteux: le développement des moteurs propres pour voitures de collection. Pour cela, il s’entoure d’ingénieurs, de scientifiques et de mécaniciens et aujourd’hui Neil Young roule dans un prototype : sa Linc Volt, une voiture de luxe à moteur propre mêlant biocarburant et énergie électrique (une Lincoln Continental décapotable de 1959) 

Encore de nombreux obstacles surtout économiques subsistent pour multiplier l’exemple. Le projet est encore en cours. Et de deux et demi alors!

Forever Young : Les vies de Neil, ce vieux cow-boy.

Néanmoins, on comprend vite que l'artiste est une personne qui va jusqu’au bout des choses et je ne lui donne pas un an avant de pouvoir se tenir debout sur son paddle-board et surfer sur une vague. Quoi? J’ai omis ce détail? Et oui, difficile à croire mais son ami, Rick Rubin, encore lui (voir mon dernier article) l’a initié à ce sport “zen”. "Ahhhhh! Que j’aime imaginer cette scène déroutante! L’icône du rock’n’roll sur un paddle-board"

 Dans son livre; le “pagayeur” a une tendance à partir dans tous les sens et se répète parfois sous forme d’un récit décousu et éclaté. En y réfléchissant bien, c’est la conséquence de la  multitude de réflexions, de passions, d’idées, de projets que notre musicien a envie de partager généreusement et rapidement de peur de les oublier. Sans parler qu’il n’a pas ménagé ses neurones, le bougre pendant sa longue carrière et son écriture en est presque devenu le reflet de ses excès : ce qui rend la lecture ludique, touchante, humaine et inattendue.

 En 1978, Neil Young écrit ”It’s better to burn out than to fade away” dans “Hey Hey my my”. (Citée par Kurt Cobain dans son ultime lettre)

Comme le pense Neil Young lui-même, on peut se demander si à bientôt 70 ans, il a déjà atteint cette apogée de vitalité, de charisme et de rockeur... En perpétuel mouvement et renouvellement, il reste un avant-gardiste!  A l’écriture de ce morceau, il percevait déjà l’effervescence du mouvement punk et peut-être la fin d’un certain rock. Neil Young, c’est peut-être tout ça! Un homme qui est là où on ne l’attend pas! 

 

NB : Fasciné par le groupe Devo, Neil Young est donc allé les chercher pour une version assez surréaliste de "Hey Hey My My" pour son fillm “Human Highway” et la rencontre hippy/punk est assez incroyable.

Forever Young : Les vies de Neil, ce vieux cow-boy.

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