Télé Réalité : retour sur la théorie de la désévolution.

Publié le par Marius Vidaller

Comme la plupart des Français, je m'emmerde aux alentours de 20h. C'est pourquoi, je suis en possession comme vous tous (ou presque), d'une télévision. En murissant, je me suis rendu compte dans ma léthargie quotidienne et fébrile, que nous étions assommés par des émissions d'un niveau intellectuel quelque peu surprenant.

Le petit écran nous apporte une superbe étude sociologique des comportements humains en nous proposant des programmes TV qui ont pour unique but de nous instruire. Bourdieu n’a qu’à bien se tenir.

La langueur est telle, que les gens prennent un plaisir fou à regarder des orgies alimentaires scénarisées sous forme de repas collectifs ou de concours au suspense haletant. Qui de nos mères (ou grands-mères) ne s'est jamais prise pour Maité à Noël ? Mais l'ennui pousse le vice bien plus loin. Le Français aime les histoires et jouit devant les conflits de voisinages ou de familles, se rassurant comme il peut de sa situation (Aucune émission ne sera citée par soucis d'attaque judiciaire de la part de Julien Courbet).

Mais là où le téléspectateur se reconnaît le plus, ou il s'approprie le plus, c'est en regardant de la télé-réalité. Là, on atteint le seuil de satiété de l'identification des personnes.

Dans Secret story, les anges de la télé-réalité, les corses en Tunisie, ou encore Thérèse en Bamboulie, les ménages s’attachent à des péripéties vécues par des « marionnettes ambulantes ». C'est pourquoi il est très difficile d'avoir un esprit critique sur ces absurdités grotesques; puisque ce n'est finalement qu'un reflet de notre vie. Ces émissions sont le miroir de nos quotidiens, mais il est quand même préférable de prendre un peu de recul sur ces aventures.

La télé-réalité qu'est-ce que c'est?

C'est de belles blondes aux corps quasi-parfaits remuant leur derrière, des personnes à l'aspect atypique sur la forme, des conflits, des clashs, des histoires et... un Jacuzzi. Sans jacuzzi, il n'y a pas de Télé-réalité. Souvenez-vous des scènes cultes: Loana et Jean Édouard, se bécotant dans l'eau, ou encore, cet homme soudainement pris d'une diarrhée aiguë à l'intérieur du petit bassin...Espérons que ce n'était pas dans son scénario!

Parce que dans ce genre ''d'aventures'' l'essentiel est de raconter des histoires. Les premiers rôles étant trouvés, il faut des scénettes qui parlent aux gens. Pour ça, on fait appel au ''cinéma'' quitte à faire un remake qui frôle l'absurde.

Il faut savoir que les émissions de TV réalité ont un casting de stars bien défini et un recrutement de qualité. (Les pros de la télé emploient le terme « Casting de Con »)

 

La bimbo : Le charisme et le QI de Loana ont connus tellement de succès qu'elle s'est sentie obligée de nous ramener ses petites sœurs, elles aussi dotées d'un raisonnement sous-estimé. La bimbo doit être blonde, avoir des nichons comparables à une tête de nourrisson gonflée à l’hélium, et comprendre une chose sur deux. Elle a souvent des TIC de parole,puis, est la plupart du temps en train de s'exhiber. Son scénario a pour objectif de briser un couple de l’émission, puis souvent de se faire jeter comme une gourde (vide).

L'homosexuel polyvalent : Steevy a entrouvert une porte à tout jamais en initiant Benoit, son propre frère et petit copain à la fois, à secret Story. Nous sommes à présent, obligés de supporter les manières plus que sur jouées des folles. Fx lui, n'étant pas «parent » de Steevy n'a pas tenu le choc dès sa sortie. L'homosexuel doit être distrayant, complice et souvent provocateur. A savoir que les quotas augmentent, ce qui engendre plusieurs homosexuels polyvalent dans l'aventure. Cela représente la tolérance instaurée dans notre société.

Le fils de : Chaque année on a le droit au fils de quelqu'un. Guillaume Depardieu a reçu son admissibilité trop tard. L'individu choisis sert à boucher les trous. La plupart du temps il n'apporte rien et ne sert strictement à rien. Souvent la grosse tête, leurs carrières ne voient aucun changement Post-émissions.

Le surdoué : Christopher des ch'tis à Ibiza* a était le plus bel exemple qu'on pouvait trouver. La plupart du temps vantard, il est celui qui est le plus mis en avant par les caméras afin d'appuyer son intelligence déconcertante. N'oublions pas qu'il faut vraiment l'être pour participer à ce genre d'émissions. Le surdoué ne pouvait pas avoir d'autre objectifs plus ambitieux dans sa vie que de participer à une belle merde médiatique.

* j'ai dû faire des recherches

Et Mickaël Vendetta, un mixte de toutes ces caractéristiques. Y compris le ''fils de''. Ne me dites pas que la ressemblance n'est pas flagrante. Ci-dessous, Mickaël Vendetta fait ses premiers pas en vélo, à l’âge de 22 ans, pendant que son père lui, gagne de quelques votes son élection en (pain au) chocolat.

Télé Réalité : retour sur la théorie de la désévolution.

Les scénarios, étant trop recherchés*, empêchent les acteurs de jouer leur rôle convenablement. Ils devraient porter plainte contre la production. Pour essayer de mieux jouer, ils essaient de se mettre dans un état euphorique en sirotant quelques boissons quelque peu déstabilisantes. Et voilà le résultat, une soupe de cerveaux amochés dans une boite, essayant tant bien que mal de respecter leur discours, ''parfois'' confus.

* Demandons-nous si ça vaut vraiment le coup de mourir pour le scénario d'une télé-réalité terminée. En effet, FX a donné fin à ses jours suite à la demande de secret story pour créer du buzz. Ne sachant pas qu'il ne pouvait revivre après sa mort, il a exécuté la scène sans se poser de question.

Le problème, c'est que le spectateur s’habitue, et plus il s'habitue, plus les personnages lui semblent bizarrement, plus familiers. Caricaturaux à l'extrême, les ''pantins'' ne ressemblent pourtant plus vraiment aux gens que l'on croise à la messe ou dans la rue. En fait, ils sont l’image même des candidats de tv-réalité que l'on connaît déjà, formatés et sans aucune personnalité.

La vision de l’homme d’ Aldous Huxley dans Le meilleur des mondes est proche de la situation actuelle. On fabrique des hommes dans le laboratoire de l’audiovisuel pour distraire la masse.

En somme, le concept est simple : niveler par le bas. Il en est la preuve irréfutable que l’espèce humaine s’adapte bel et bien à son environnement.

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